Un activateur d’intelligence

J’ai toujours été étonné dans mes lectures sur l’histoire des sciences de ne jamais trouver mention de celui qui fut pourtant nommé avec raison       

le « secrétaire de l’Europe savante de son temps ».

Car c’est bien lui, le premier journaliste scientifique, en quelque sorte.

La vie du religieux Minime né en 1588 est en effet surprenante.

Érudit, mathématicien à la recherche des nombres premiers, philosophe, théologien, il se passionne pour les sciences dans leur diversité. Ses travaux en mathématique, physique et musicologie notamment, sont considérables. Il a laissé de nombreux écrits, fruits de ses recherches, comme les six livres des Cogitas comprenant Le traité des poids et mesures, l’hydropneumatique, le traité de navigation ; son Traité de l’Harmonie où il énonce les premières lois de l’acoustique, le Traité de mécanique concernant les centres de gravité et la pesanteur ; un Traité de balistique ; le Traité des nouvelles observations physico-mathématiques et encore de nombreux autres ouvrages.

Sa recherche se caractérise par une remise en question des principes acquis et une étude très méthodique du sujet. Il n’hésite pas à traduire les auteurs étrangers, Galilée en premier lieu, afin d’en avoir une pleine compréhension.

À une époque où le journalisme scientifique n’existait pas encore, il informe, confronte les points de vue grâce à une vaste correspondance, incitant les scientifiques de tous pays à se mettre en rapport et à confronter leurs découvertes (Fermat, Pascal, Gassendi, Descartes, Torricelli, Desargues…).

Il n’hésite pas à les recevoir chez lui. Cette société savante deviendra, en 1635, l’Academia Parisiensis. Avec la première Académie, l’esprit scientifique était né. De nombreuses universités devaient par la suite s’en inspirer.

Une animation bien documenté : https://www.musicologie.org/Biographies/m/mersenne.html

Et vous en aviez-vous entendu parler ?